LIBERTE 62 - CHANGER DE LOGIQUE

Publié le par Liberté 62

CHANGER DE LOGIQUE


APRÈS le 29 janvier, la mobilisation reste intacte. Lundi soir, les huit organisations de salariés ont annoncé une nouvelle mobilisation interprofessionnelle pour le 19 mars. Elles veulent rester fermes face à l'exécutif et au patronat, avant le sommet social du 18 février.

Le message est clair. Cette crise, c'est à ceux qui l'ont provoquée de l'assumer. Chacun pense bien évidemment aux actionnaires. Ils se sont déjà goinfrés sur les entreprises. Ils veulent manger le dessert à coups d'aides publiques. Ils ne doivent pas recevoir un centime de plus.

Changer de logique, c'est abandonner cette fable sur le coût du travail et de la compétitivité. Sortir de la crise, c'est augmenter les salaires. À celles et ceux qui, même à gauche, regardent avec mépris cette proposition, nous disons : le discours ringard, c'est celui qui fait l'impasse sur le pouvoir d'achat populaire. Salaire n'est pas un gros mot. C'est une réponse à la crise.

Changer de logique, c'est conditionner tout versement d'aide publique. Quitte à ce que l'État monte au capital, prenne une minorité de blocage ou nationalise les entreprises ou banques concernées, quitte à ce que les salariés aient de nouveaux et réels droits dans la gestion de ces entreprises. Changer de logique, c'est engager la réforme de tout le système de financement de notre économie ! Changer de logique, c'est ne pas mentir sur la nécessité réelle de relancer les investissements et les services publics. Et changer de logique face à la crise c'est aussi changer d'Europe !

Les peuples lui ont signifié qu'elle faisait fausse route, qu'ils voulaient une autre Europe. Face à l'aveuglement des dirigeants de droite ou socialistes de cette Europe, nous avons une chance de changer avec les élections européennes de juin prochain. Elles seront décisives pour faire entendre la voix des peuples. Elles seront décisives pour faire entendre une autre musique que celle d'une Europe des marchés.

Le pouvoir répète qu'il n'y a pas de plan alternatif. C'est faux ! Les manifestants du 29 janvier ne se sont pas contentés de contester les mesures gouvernementales face à la crise. Ils ont revendiqué des solutions pour une sortie de crise par la voie sociale.

Comme le préconise Patrick le Hyaric, dans l'Humanité Dimanche de la semaine dernière, il faut que le peuple puisse comparer projet contre projet. Et de poser la question : “quelle chaîne de télévision est prête à organiser un tel débat !” En même temps, il propose d'ouvrir partout, dans les départements un grand débat public sur la crise et ses issues possibles.


Jean-Michel Humez

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Publié dans Edito

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