LIBERTE 62 - RÉAGIR, RÉSISTER, DÉSOBÉIR…
RÉAGIR, RÉSISTER, DÉSOBÉIR…
CHAQUE semaine, des salariés se mettent en grève, pour sauver leurs emplois, leurs salaires, leurs droits. Chaque semaine, des parents dʼélèves, des enseignants, des élus bloquent des écoles. Chaque semaine, des infirmières, des médecins dénoncent la casse de leur hôpital. Chaque semaine, des chercheurs, des étudiants, des journalistes, des ouvriers réagissent.
Le 29 janvier, nous étions plus de 2 millions dans les rues de France. Le 14 mars, nous serons des milliers au Zénith à Lille pour dénoncer lʼEurope des boursiers et des banquiers et proposer lʼEurope des travailleurs solidaires. Le 19 mars, nous serons des millions pour résister et dire NON à Sarkozy et à son mépris de nos revendications de travail, de salaire, de santé, dʼéducation, de culture.
La résignation recule, même si elle reste présente dans beaucoup trop de têtes qui croient encore quʼon ne peut pas faire autrement ! Il faut dire que depuis deux ans, télé-Sarko, radio-Sarko, journaux-Sarko et tous les “vendus” de la résignation sociale avaient installé une chape de plomb sur tout espoir dʼautres perspectives !
Mais le peuple se réveille, au moment même où il subit, seul, la crise des banquiers et des boursiers ! Et comme chaque fois que le peuple se réveille, certains de ceux qui avaient proposé des remèdes soporifiques pour aggraver en fait son endormissement sont eux aussi obligés de changer leur fusil dʼépaule ! Et les voilà eux aussi dans les manifestations !
Réjouissons-nous de ces évolutions, mais sans illusion ! Seul ce que le peuple dʼen bas sera capable dʼimposer par son action et par son nombre sʼimposera à tous ! Méfions-nous des fronts de ceci, des plateformes de cela, révolutionnaires en paroles quand la rue se fait entendre, mais résignés et appelant à la patience dès que la pression retombe un peu. Résistons et désobéissons comme ces chercheurs, ces salariés, ces enseignants, ces élus qui, plus que réagir, plus que résister, aujourdʼhui désobéissent aux lois Sarkoziennes offensant leur conscience humaine, leur conscience citoyenne.
Des magistrats eux-mêmes le reconnaissent quand, dans les enceintes des tribunaux, ils précisent : «Monsieur, le Tribunal dit la loi telle quʼelle» pas telle quʼelle devrait être... ou encore «Monsieur, Madame... votre action (illégale.... contre un Huissier....) est plus efficace quʼun arrêté.... qui sera suspendu» ou encore «Monsieur… En équité vous avez raison, en droit vous avez tort....».
Nous désobéissons pour que le droit ressemble un peu plus à lʼéquité ! Nous désobéissons parce que notre conscience nous y oblige. Question de dignité.
Daniel Dewalle