RÉSISTER À LA POLITIQUE ULTRALIBÉRALE DE SARKOZY

Publié le par Liberté 62

Liberté 62 n°768 - Le 3 août 2007 - 6 – Social

 

MOBILISATION DES CHEMINOTS POUR LE DROIT DE GRÈVE,

 

RÉSISTER À LA POLITIQUE ULTRALIBÉRALE DE SARKOZY

Par Pierre Pirierros

LA mobilisation, mardi dernier, contre le projet de loi sur le service minimum, a réuni des milliers de personnes en France, de Lille à Marseille, et de Brest à Strasbourg, et, particulièrement, aux abords de l'Assemblée nationale à Paris. Y-a-tilune période favorable pour manifester ? Certes non, car à chaque fois que les libertés sont menacées, la riposte est un enjeu capital pour aujourd’hui et pour demain. Dans le très cossu “triangle”, rue de l’Université, Place du Palais- Bourbon, rue de Lille, les banderoles de la CGT et la foule avaient changé le caractère usuel de ce quartier jouxtant l’Assemblée nationale. Les députés communistes sont sortis de ce périmètre si protégé pour prêter main-forte aux quelques 2000 personnes rassemblées pour dénoncer un texte délétère, s’il en est. “Sarkozy nous menace, c’est la répression, dit Chantal Bernard, employée SNCF à la Gare du Nord, la prévention n’est pas dans son vocabulaire. Après avoir avec démagogie, tout au long de ces derniers mois, dit tout le mal qu’il pensait des cheminots et des cheminots engagés syndicalement, il passe aujourd’hui à la vitesse supérieure. Malheureusement, l’opinionpublique a été prise à ce piège et au chantage du danger que représente tout gréviste en puissance. Il y a un écart entre l’affichage gouvernemental en matière de dialogue social et la réalité des actes. La déclaration préalable de 48 heures imposée aux grévistes est un moyen d’intimidation offert aux directions d’entreprises. Aujourd’hui, ce sont les cheminots futurs grévistes qui sont stigmatisés par le gouvernement et après-demain, ce seront tous les salariés, toutes professions et catégories sociales confondues.”

Tous les syndicats de cheminots avaient, par ailleurs, appelé à la mobilisation du 31 juillet. Les cheminots CGT, eux, savent que le combat, leur combat est un long chemin. Cette fois-ci, il s’agit bel et bien d’une tentative de restreindre ,le droit de grève, dans l’objectif de l’interdire demain et de priver ainsi les salariés des transports publics d’un outil d’expression démocratique. Le droit de grève est pour le gouvernement un obstacle car il offre aux salariés la possibilité de résister à ses politiques.

Alors qu’on reconnaît aux citoyens le droit de se déterminer dans l’isoloir lors des élections, on prétend les priver de la possibilité d’user du droit ,de grève dans les mêmes conditions. Le gouvernement veut se doter en fait de marges de manoeuvre pour mettre en oeuvre des réformes régressives, en particulier ,sur les retraites et l’avenir du service public. Déjà, il s’attaque violemment ,aux “régimes spéciaux” des retraites en désignant du doigt certaines catégories sociales ,comme des privilégiés. En fait, c’est diviser pour mieux régner ! La SNCF reconnaît que 70 % des dysfonctionnements rencontrés par ses ,usagers, 70 % sont dus à la gestion interne. Sur 6 000 incidents relevés par la S NCF ayant occasionné ou des retards ou des annulations de trains, seuls 2 % sont imputables aux mouvements sociaux. 28 % relèvent d’avaries matérielles... Ce chiffre est révélateur de la situation qui prévaut à la SNCF, où la politique du “tout TGV”, avec les prix que l’on sait, masque le caractère de continuité d’un véritable service ,offert à tous. Sans jeu de mots, le système à deux vitesses n’a pas lieu d’être dans cette grande entreprise nationale.

Pour le secrétaire général de la fédération des cheminots CGT, ,Didier Le Reste, Sarkozy et son gouvernement veulent aller plus ,loin, si demain les salariés du transport ,public n’ont plus le droit de grève, c’est tout le mouvement social qui sera affaibli. “Nous allons continuer également à construiredes convergences avec les usagers pour lutter contre la dégradation du ,service public, poursuit-il. En ce qui ,concerne la CGT, si nous sommes disposés à négocier sur la question de la prévention des conflits, nous refusons de négocier toute remise en cause du droit de grève”.


 

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LETTRE OUVERTE DES CHEMINOTS CGT DU NORD/PAS-DE-CALAIS À LEUR DIRECTION :

LA SNCF EXERCE UNE POLITIQUE D’ENTREPRISE CONTRAIRE AU SERVICE PUBLIC”


NOUS sommes à plus d’un mois de deux grosses manifestations qui vont se dérouler sur notre région. Les 1er et 2 septembre, la Braderie de Lille et les 7 et 8 septembre, la coupe du monde de rugby, un match important bse déroulera à Lens, entrainant des milliers de supporters venus d’Angleterre par l’Eurostar à Lille pour se rendre ensuite à Lens en TER. Depuis maintenant plusieurs mois, la CGT interpelle la direction de l’entreprise sur la nécessité de procéder dans les plus brefs délais à des négociations sur des recrutements. Après avoir utilisé toute les possibilités de discussion à sa disposition dans le cadre de l’accord d’entreprise sur le "dialogue social ", signé par la CGT et la Direction de la SNCF, la CGT et Sud/rail avaient appelé les Contrôleurs à la grève les 5 et 6 juillet. Plus de 60 % de ces agents ont répondu positivement à notre appel, mais force est de constater que la direction SNCF est restée sourde. Depuis quelques années, des problèmes persistent et s’amplifient journellement, la capacité de la direction SNCF à remplir ses missions est de plus en plus restreinte. Comment pourrait-il en être autrement avec plus de 1000 emplois supprimés ces 5 dernières années, alors que l’offre aux Usagers n’a cessé de grandir comme le souhaite le Conseil régional en matière de TER notamment. La SNCF exerce, depuis des années, une politique d’entreprise, axée sur des critères purement économiques, ce qui péjore au quotidien la qualité du service public rendu aux voyageurs. Aujourd’hui, des cheminots se voient refuser pour les mois de juin, juillet, août, des congés de l’année 2006. Pour le mois de septembre, des agents ont déjà été prévenus, qu’aucun congé ne sera accordé. Qui accepterait une telle situation dans le Privé ?

 

La région a perdu 1184 emplois

en 5 ans


On peut toujours accuser les cheminots de nantis, parfois même, nous l’entendons, de "fainéants", bien peu de salariés n’accepteraient que d’avoir 15 jours de congés en été, et le reste lorsque c’est "possible , de découcher les week-ends, de travailler à Noël ou nouvel an, à la braderie et souvent dans quelles conditions !” La CGT avait décalé volontairement le préavis de grève chez les contrôleurs les 5 et 6 Juillet, afin de laisser la possibilité à la Direction de la SNCF, de maintenir les journées TER/MER. Aujourd’hui, si la direction ne prend pas rapidement l’ampleur du mécontentement dans les différentes catégories de personnel, elle prend le risque d’un conflit lors de l’un de ces week-end.

Les contrôleurs, les agents de la police ferroviaire, l’accueil en gare sont déroulement de ces week-ends "à risque", notamment avec les supporters anglais qui transiteront par la gare de Lille/flandres. La direction de la SNCF ne fera pas porter aux cheminots et à leurs organisations syndicales, la responsabilité de tous les maux de la terre et notamment ceux dont elle a la responsabilité depuis des années et pour lesquels elle n’a su apporter de remède. La CGT ne prend ni la direction SNCF, ni les usagers en otage, nous sommes à plus d’un mois avant la Braderie de Lille et la coupe du Monde de Rugby, les médias sont alertés, nous avons demandé à la direction d’entreprendre rapidement des négociations, si tel n’était pas le cas, elle prendrait seule la responsabilité d’un conflit qui porterait une fois de plus l’anathème sur l’entreprise SNCF et son dialogue social”.

 

 

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