DANS LES FOSSÉS DE LA CITADELLE,L’HOMMAGE AUX RÉSISTANTS COMMUNISTES

Publié le par Liberté 62

hjk-html-5943bc2b.jpg






Liberté 62 n°774 - Le 14 Septembre 2007 - 7 -Evénement


ARRAS, CE DIMANCHE 16 SEPTEMBRE

 

DANS LES FOSSÉS DE LA CITADELLE,L’HOMMAGE AUX RÉSISTANTS COMMUNISTES

Par Pierre Pirierros

 

L62-774--photo-p71-html-3f4842ba.jpg
















La Citadelle d’Arras, trait d’union avec l’histoire contemporaine. (Photos Liberté 62).

L’HOMME et l’architecture sont des “compagnonsde route” inaliénables tant leurs relations sont intimement liées ; il ne saurait en être autrement et i lfaut remonter très loin dans le temps pour se rendre compte de ces liens intenses. Notre région possède un immense patrimoine de constructions et de défense des villes, patrimoine appelé architecture militaire. La perception de l’homme et de son environnement immédiat s’est constamment modifiée au cours des époques et une vue d’ensemble amuse notre oeil curieux de tout. Vauban est mis à l’honneur, cette année. C’est le tricentenaire de sa mort. Il donna au royaume de France “une ceinture de fer” et fut nommé maréchal de France par Louis XIV. Aussi, lorsque l’on découvre une citadelle, que ce soit à Arras, à Lille à Calais, ou ailleurs, l’on peut aisément imaginer un monde en trois dimensions, les allégories du temps et de la géographie n’ont de cesse de plonger l’Homme au coeur de sa raison, une raison qui n’a qu’un seul but, le situer dans une société donnée. C’est un dialogue inédit à travers les siècles entre l’Homme et sa représentation “terrestre”. Les apprentis manipulateurs se plieront à l'exercice. De tout cela, le visiteur en est le premier destinataire, grâce aussi à une perception “encyclopédique” de la perception visuelle. Il y a plusieurs versions de chaque mythe.

Une citadelle ou une ville fortifiée (Montreuil-sur-Mer, Gravelines, Condé-sur-l’Escaut, Bergues,) représente en quelque sorte la géographie du monde à une échelle locale. Les progrès dans les constructions multiples sont palpables par ce même visiteur qui s’en saisit lorsqu’il contemple ce qui reste de toute cette époque. Aucun pessimisme n’y est admis. Le lieu, c’est le sol du mythe et le mythe dépasse les problèmes posés par la technique. C’est ainsi qu’à Arras, la Citadelle est un trait d’union avec l’Histoire contemporaine ; ses fossés en sont le témoignage puissant.

 

Hommage aux résistants


La suggestion de l’espace architectural et historique autorise l’exercice de la permanence du souvenir. C’est une voie très intéressante, l’intervention de l’homme est déterminante. L’expérience du terrain est primordiale, la liberté d’action devient immense. L’enthousiasme aussi. La Citadelle d’Arras est un lieu unique et une fois arrivé, dans ses fossés, l’on est face à l’Histoire contemporaine.

L'on y voit très clairement les noms des résistants, pour la plupart communistes, fusillés par les nazis ; bien identifiés, leurs noms s'inscrivent dans ce processus collectif du combat commun pour l’indépendance et la liberté. C’est troublant et unique. La dimension historique se base sur cette expression essentielle que le recueillement et il a lieu ce dimanche 16 septembre. 218 plaques sont réparties dans les fossés de la citadelle, elles sont un symbole d’une lutte inéluctable contre l’envahisseur. Sur l’une d’elles, on y lit le nom de Charles Debarge, (dont l’édition de son Carnet par Madeleine Riffaud en 1951 répondait à une attente) sur une autre le nom d’un Soviétique Vasil Poric et puis tous ces noms des résistants avec l’année de leur mort et le nom de leur ville d’origine. Le nom de Charles Debarge est emblématique de toute cette période ; Il est recherché à partir de juin 1941 à cause de son rôle dans la grande grève des mineurs. Il participe à la constitution des groupes OS, Organisation Spéciale, chargé dans un premier temps de la protection des manifestations de grévistes, puis à l’été 1941, de saboter l’appareil industriel, afin d’empêcher le pillage de la France par les Allemands. Il est grièvement blessé dans un échange de coups de feu avec la Gestapo, le 23 septembre 1942. Transféré à la prison d’Arras, il meurt sans qu'il ait repris connaissance.

La spontanéité d’un regard d’aujourd’hui s’attache à saisir le geste dans l’instant. C’est une révolte innée, dans le Bassin minier, elle sera porteuse de toutes les revendications fondamentales de sa population et s’inscrira dans les grandes pages de la lutte politique dans le Nord/Pas-de-Calais, dans tout le pays et même au-delà.

 

 

Publicité

Publié dans Evénement

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article