SUEZ-GAZ DE FRANCE, UN PROJET DE FUSION INACCEPTABLE
Liberté 62 n°774 - Le 14 Septembre 2007 - 6 -Social
INITIATIVES DES GAZIERS ET ÉLECTRICIENS CGT DU NORD/PAS-DE-CALAIS À DOUAI
SUEZ-GAZ DE FRANCE, UN PROJET DE FUSION INACCEPTABLE
Dans la continuité des différentes initiatives, les électriciens et gaziers CGT (Nord et Pas-de-Calais) se sont retrouvés à la foire expo de Douai pour protester contre la fusion GDF-Suez. Dans le même temps se déroulait une initiative à la Communauté d’Agglomération du Douaisis où se retrouvaient les élus.
AU nom de la CGT, Dominique Ben dit toute la nocivité de la privatisation ; Bruno Robin, Secrétaire Départemental de La FSU, à apporté, lui, son soutien aux électriciens et gaziers en participant à cette initiative. La fusion Suez-Gaz de France vient d’être relancée par le Président de la République. La nouvelle version du projet n’est pas plus acceptable que la précédente. Le nouveau schéma soumis aux conseils d’administration de Suez et Gaz de France confirme la privatisation de Gaz de France prévue dans le projet initial. Cette privatisation conduirait à une réduction de la maîtrise publique sur l’ensemble des outils énergétiques de la France d’autant que la concurrence qui en résulterait entre EDF et Suez-Gaz de France affaiblirait l’opérateur public restant.
C’est une grave erreur à un moment où la sécurisation des approvisionnements énergétiques de la France et de l’Europe est stratégique. La conséquence principale de cette opération serait une hausse rapide des prix pour les usagers et les services associés. L’attaque enrègle contre le principe même de tarifs réglementés menée par la Commission européenne, rejoindrait les exigences de rentabilité financière des actionnaires. Même à supposer que le principe de tarifs publics soit conservé pour un temps, le niveau de ces tarifs ferait l’objet de hausses dictées par les actionnaires.
Cette opération constitue une véritable capitulation de l’Etat devant les actionnaires de Suez qui vont bénéficier de 8 à 10 milliards de distribution d’actions de Suezenvironnement. Cette mise en Bourse de Suez-environnement met directement en cause les emplois dans le secteur de l’environnement qui seraient désormais directement exposés aux exigences des marchés financiers. Si le projet est certes relancé, il est loin d’avoir abouti. Les questions à traiter sont complexes tant du point de vue social que financier. L’introduction en Bourse de Suez environnement n’avait même pas été évoquée devant les autorités de Bruxelles.
La scission du pôle environnement de Suez et son introduction en Bourse s’ajoutent donc aux nombreux problèmes posés dès le départ. Dans cette nouvelle phase du projet de fusion, la CGT s’engage dans un processus d’information et de mobilisation, avec la volonté d’élargir le débat avec les citoyens en convergence avec l’ensemble des organisations syndicales, les associations de consommateurs et les forces opposées au processus de marchandisation des services publics. Elle prépare le lancement d’une pétition nationale pour exiger l’arrêt du processus de privatisation de Gaz de France et l’examen de nouvelles solutions.