"DÉFENDRE ET PROMOUVOIR LA SOLUTION PAPIER"
Liberté 62 n°781 - Le 2 Novembre 2007 - 6 -Social
LA FILPAC-CGT, EN CONGRÈS À LILLE, DU 5 AU 8 NOVEMBRE
"DÉFENDRE ET PROMOUVOIR LA SOLUTION PAPIER"
Par Pierre Pierieros

La filière Papier a perdu des centaines d'emploi
dans le Nord/Pas-de-Calais (Stora Enso Corbehem,
(notre photo), International Paper à Maresquel,
Québécor à Hellemmes...
L’AVALANCHE des mesures prises et annoncées par le président, le gouvernement et le Medef a une logique, celle de la division : dresser ceux du privé contre ceux du public, présenter ceux qui sont attaqués comme des "nantis", jouer les appétits individuels contre le droit de tous. S’opposant à cette division, les délégués FILPAC CGT de tous les secteurs des industries papetières appellent tous les salariés à la solidarité. Cette solidarité se fonde sur un principe simple : toute attaque réussie par le gouvernement contre telle catégorie l’encouragera à s’en prendre aux acquis sociaux fondamentaux.
Demain, à qui le tour ? Le gouvernement ne s’en cache pas : après les cheminots, gaziers et électriciens, les fonctionnaires ou les agents des régies de transport urbain, c’est le régime général des retraites auquel il veut s’en prendre dès la fin 2007. La solidarité dont les délégués FILPAC CGT se réclament, c’est celle qui a bénéficié à toutes et tous quand la Sécurité sociale a été bâtie. S’en prendre à cet édifice, c’est faire avancer l’individualisme, qui laisserait isolé le salarié face au patronat. Les délégués FILPAC CGT s’opposent à la destruction du fonds de solidarité des régimes spéciaux. Indûment ponctionné, ce fonds est l’objet d’un holdup du gouvernement.
Son piratage ne ferait qu’alourdir le régime général, lui aussi attaqué par le même gouvernement. Les délégués FILPAC CGT ne veulent ni de ce cercle vicieux ni des mensonges du pouvoir. Cette attitude solidaire de principe s’appliquera à tout nouveau rendez-vous de lutte, et s’oppose àtoutes les opérations de division en cours qui visent à affaiblir les salariés avant l’offensive générale de 2008. Pendant les attaques contre la Sécu, le contrat de travail et le pouvoir d’achat, les licenciements continuent.
Restructuration, fermetures de machines, plans de licenciement, cette pratique du patronat papetier continue de plus belle. Certains salariés, désorientés, qui ont subi une campagne de démoralisation, n’entrevoient plus d’autre choix que de répondre présent à l’appel patronal au départ de l’entreprise. Partir pour où ? Avec quelle garantie sociale ? Demain, sans emploi ni couverture sociale, ils regretteront amèrement d’être aussi facilement partis ! ? Non ! Pour les délégués FILPAC CGT, les destructions d’emploi, les fermetures de machines ou d’entreprisesne sont jamais la solution ? Oui ! Avec tous les salariés de labranche papetière il faut passer un pacte de solidarité contre le sauvequi- peut : chaque salarié, chaque collectif de travail doit pouvoir s’appuyer sur une solidarité sans faille de la branche entière si telle direction d’entreprise les menace dans leuremploi. C’est cette solidarité concrète, liant les salariés entre eux, que les délégués FILPAC CGT veulent opposer au climat de peur du lendemain qui se répand dans la branche, et qui est alimenté par le patronat et son gouvernement.
Les délégués FILPAC CGT, forts de l’expérience de ces dernières années, et face aux attaques en cours, estiment que le fil conducteur de l’offensive repose sur l’objectif libéral suivant : patronat et gouvernementveulent extirper la protection sociale du salaire. Ils veulent que la santé, la vieillesse, le chômagesoient des risques pris en charge parles seuls salariés au moyen decontrats d’assurance privée, suivantleur pouvoir d’achat. Ne resteraitplus, à terme, qu’une couverture générale minimale. C’est pourquoiles délégués de la FILPAC CGT proposentà tous les salariés de construire une démarche revendicative commune, dans la perspective de bâtir la nécessaire mobilisation : l’emploi doit être encadré par uncontrat de travail à durée indéterminée qui doit être la règle dans toutela branche. La rémunération dans ce contrat doit être le salaire qui rémunère la qualification et qui évolue enfonction de la hausse réelle des prix ?
L’emploi doit bénéficier denouvelles sécurités, qu’il s’agisse dela reconnaissance de la pénibilité pour certains postes, et du maintiendu contrat de travail garanti à tous,quelles que soient les difficultés économiques invoquées ou les restructurations provoquées.Les délégués FILPAC CGT, avec tous les salariés, se déclarent disponiblesà défendre et promouvoir la solution papier, sous toutes ses formes, comme réponse globale aux impératifs de respect de l’environnement écologique et social. En cela,ils s’opposent aux méfaits de la mondialisation libérale, qui sacrifie,contre tout bon sens, des capacités de recherche, de développement etde production correspondant à ces critères sociaux et environnementaux.