“IL Y A URGENCE, TOUT FAIRE POUR PÉRENNISER L’EMPLOI DES TOS”
Liberté 62 n°781 - Le 2 Novembre 2007 - 6 -Social
CONSEIL RÉGIONAL : 1300 POSTES MENACÉS - LES ÉLUS COMMUNISTES :
“IL Y A URGENCE, TOUT FAIRE POUR PÉRENNISER
L’EMPLOI DES TOS”
Par Pierre Pirierros
“TOS” : ces personnels de l’Éducation nationale sont les premières victimes de la décentralisation et des transferts des compétences de l’État vers les régions. Ils sont des milliers à travailler, avec ce statut, dans le Nord/Pas-de-Calais ; 1300 dans les lycées et 2000 dans les collèges. Leurs inquiétudes n’ont d’équivalent que leur colère, dans quelques semaines, au 1er janvier 2008, ils seront purement et simplement rayés de la carte. Des moyens pour y remédier existent et ils passent par un partage équitable des ressources budgétaires établies par le Conseil régional.
Tout le monde ne l’entend pas de cette oreille et surtout pas l’exécutif (PS, Verts). Les élus communistes,eux, tirent une énième sonnette d’alarme et soulignent le grave danger social et humain que constitue la disparition de ces personnels, avec, désormais, un statut caduc. Éric Renaud, présidentdu groupe communiste au Conseil régional, entouré de Marielle Cuvelier et d’Alain Bruneel, a rencontré la presse en début desemaine et a fait part du drame social qui se joue actuellement.Lors de la dernière session plénière, Cathy Poly a interpellé le présidentde la Région sur ce dossier sensible. Le montant des charges transférées a été estimé à 49,7 millions d’euros par l’État, compensés par 42,6 millions d’euros de TIPP et de 7,1 par l’affectation à la Région de la participation des familles aux dépenses d’internat et de restauration (FARPI).
Régime modifié
Il en va ainsi de la disparition des contrats aidés ; la loi du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale, a modifié le régime des contrats aidés. Le législateur a abrogé les dispositifs relatifs aux contrats emploi solidarité (CES) et les contrats emploi consolidés (CEC). Leurs conséquences directes vont avoir des répercussions désastreuses dans l’organisation des lycées et collèges. Les élus PCF condamnent la politique de la droite et du gouvernement Fillon de réduire, d’une façon drastique, les contrats aidés. C’est inacceptable. Les conseils d’administration des lycées ont, de leur côté, eu connaissance de toutes les conséquences qu’entraîne l’arrêt de ces contrats et par voie de conséquence de tous les personnels. “Cela fait trois Metaleurop, au bas mot, dit Éric Renaud ; ces personnels employés dans les 190 lycées de la région étaient auparavant agents de l’État. Dès la préparation du budget 2007, nous avons proposé de prendre ces personnels en charge mais l’exécutif a rejeté nos propositions. Quant aux programmes PLI (Plan local d’insertion), leurs possibilités sont extrêmement réduites. Ce qui compte, dès maintenant, c’est une véritable politique offensive qui vise à maintenir tous les postes, menacés, en place. C’est une véritable orientation, de bouclier social et de résistance à la droite, que doit prendre une Région de gauche. Cela représente 25 millions d’euros soit 2 % du budget régional. C’est à cela que nous nous emploierons avec tous les élus communistes et ceux qui sont susceptibles de nous rejoindre dans ce combat fondamental pour l’emploi de milliers de personnes. Or, rien n’a été fait au niveau du président pour pérenniser ces emplois. Il y a urgence ! ”.
Et l’emploi à Arc ?
“Quant à la situation de l’emploi, les craintes les plus vives existent sur le site d’Arc International”, souligne Alain Bruneel, président de la commission de développement économique, relayé, en session plénière, par Jean-Claude Danglot. Les implantations industrielles à l’étranger (Chine, Émirats arabes unis, Russie) sont pour Arc International, y compris avec uneadministration partagée comme en Chine, une réalité qui compte alors que l’emploi à Arques n’est quequantité négligeable. Le groupe Arc International, est amené àrestructurer son coeur de métieren faisant des investissements importants et en abandonnant lesactivités qui ne font pas partie dece coeur de métier. Le décès du président du directoire, PhilippeDurand, est intervenu dans un lourd climat social. La délocalisation des productions et la politique de rachat dans la distribution sont un échec total. Un processus s’engage à Arc International, c’est sûr, mais pas forcément en faveur des salariés. L’accord de méthode ? “Nous avons refusé de le signer, telle est la position de la CGT, car au-delà de la forme, il y a le fond”. Et le fond, d’ici 2008, c’est la finalité évidente d’un plan de suppression de 4000 emplois. La situation est préoccupante et le mécontentement est général à l’intérieur de l’entreprise. C’est un mouvement généralisé de stagnation, voire de réorientation complète des produits ; réorientation que confirme la venue de Saverglass et sa récente “campagne” d’embauches de 270 emplois sur le site historique d’Arc International.
Jean-Claude Danglot : «Ne pas céder aux pressions des entreprises et du patronat»
RÉCEMMENT, nous avons accordé un million d’euros à M.C.A.Maubeuge dans lecadre du lancement d’une nouvelle ligne de production, alors que dans le même temps, il existe au sein de l’entreprise en question des tensions sociales exacerbées entre les partenaires sociaux et la direction concernant, notamment, l’augmentation des cadences horaires qui s’applique sans réelle concertation. A ce sujet, d’ailleurs, l’Inspection du travail a dénoncé le caractère illégal de cette mesure qui bafoue les règles de sécurité.Dans le même esprit, la Direction de Renault Douai a remis en cause une délibération de notre Institution qui visait à demander le maintien des 6 000 emplois sur lesite de production afin d’obtenir une subvention pour la création d’un centre d’essai qui doit générer, à terme, la création de 11 emplois.
Il est profondément dommageable de céder à ce type de pression surtout au regard des méthodes managériales employées et impulsées par Carlos Ghosn, P.D.G. De Renault, qui vient de décider de supprimer certaines primes aux salariés si l’entreprise n’atteignaitpas une marge opérationnelle de 2,5% du chiffre d’affaires en 2007. A la lumière de ces exemples significatifs, nous constatons que ces situations sont contraires à l’esprit de notre Schéma Régional de Développement Economique qui, je le rappelle, vise à placer l’Homme au coeur des ambitions économiques de notre région. C’est pourquoi, au-delà de la littérature et du lyrisme développés, nous devons veiller scrupuleusementpour que ce Schéma ne se transforme pas en une usine à gazqui figerait les énergies de nospartenaires par le biais d’une inflationde textes au contenu généreuxet idéaliste mais aucunementopérationnels.
Pour dépasser l’exercice d’affichage et éviter la "gadgétisation", il nous faut impérativement accélérer le mouvement pour offrir une réelle lisibilité sur l’utilité et l’efficacité du S.R.D.E. Pour créer les conditions d’un second souffle salvateur, cela pourrait se traduire par quelques mesures significatives et non inflationnistes afin de démontrer notre volontarisme pour tendre vers une certaine forme d’excellence sociale et économique. A ce titre, j’avais proposé, dans le cadre de la mise en oeuvre du S.R.D.E., la création d’une Agence de Notation Sociale des Entreprises qui permettrait d’avoir une lisibilité sur les choix et les options des actionnaires mais aussi pour valoriser les bonnes pratiques de nos entreprises régionales. Enfin, concernant les aides publiques que nous accordons aux transnationales, il faut absolument s’extirper du conservatisme ambiant partagé par l’exécutif Régional et la droite régionale qui malheureusement stérilise l’innovation sociale et économique.
Sortir de l’impasse
Pour sortir de cette impasse, nous pouvons nous appuyer sur de nombreux rapports officiels qui dénoncent à l’unisson l’inefficacité des milliards d’euros d’aides publiques accordées, chaque année, aux grandes entreprises pour soi-disant favoriser la création d’emploi.
En effet, l’argent public distribué à ce type d’entreprise n’est aucunement décisif pour leur implantation ou leur développement sur un territoire.Ce sont d’autres paramètres qui entrent en ligne de compte comme la géo-stratégie industrielle, la main d’oeuvre qualifiéedisponible, les infrastructures autoroutières, le réseau d’entreprisessous-traitantes, les servicesde proximité. Pour conclure mon propos, M. le Président, vous vous êtes engagés à accorder, sans concertation préalable de l’Assemblée Régionale, une aide d’un Million d’Euros à la société Saverglass dans le cadre du rachat d’un fourappartenant à Arc International qui souhaite se débarrasser à bon compte d’un outil nécessitant des travaux de rénovation ainsi que de plusieurs centaines de salariés. Par cette intervention, vous confortez indirectement la stratégie de la Direction d’Arc International qui a pour objectif d’externaliser ses activités mais aussi les erreurs d’investissements massifs outre Atlantiquepour le rachat hasardeux de réseaux de distribution qui ont cruellement fragilisé les fondamentaux du groupe. Que dire de l’entreprise Saverglass appartenant au groupe Natixis Industrie qui de surcroît utilise la menace de s’installerailleurs si les Collectivités locales et l’Etat ne leur accordaient pas10 millions d’Euros de subventions? L’inquiétude doit- être de mise surtout quand on sait que Natixis Insdustrie n’a pas hésité à se débarrasser de 300 salariés de Well dans le Gard pour faire encoreplus de profits en externalisantla production vers un pays " Low Cost ".
| LE GROUPE COMMUNISTE ET RÉPUBLICAIN PASSE DE 18 À 19 ÉLUS DEPUIS le 16 juillet dernier, le Groupe Communiste et Républicain au Conseil Régional compte un élu de plus. En effet, il s’agit de Malek Hamrouni originaire de Waziers ; commune où il est également élu. Malek Hamrouni viendra renforcerl’action menée dans le Douaisis par Alain Bruneel, maire de Lewarde, président de la commission Economique du conseil régional.Malek Hamrouni âgé de 38 ans, est chargé de mission de développement à la Communauté de Communes Coeur d’Ostrevent. Le nouvel élu régional est installé dans ses fonctions. Il est membre de la Commission Politique de la Ville et de la Commission Relations Internationales. Il se verra prochainementconfier diverses responsabilités au sein d’autres organismes régionauxet institutions représentatives. |
Caty Poly : «Prendre toutes les mesures possibles pour pérenniser l'emploi»
“DANS quelques jours, 1300 employés de la Région vont se retrouver à l’ANPE, observe Cathy Poly, Il s’agit des agents TOS en contrats aidés. Ces personnels travaillent pour la plupart depuis plusieurs années dans nos établissements scolaires. Il n’est pas possible qu’une région de gauche se taise face à une telle situation, car une fois de plus ce sont des familles populaires qui vont en subir les conséquences. Il n’est pas possible qu’une région comme la nôtre ne réagisse pas. Non seulement pour ces gens qui ont donné satisfaction par leur travail,mais également pour l’ensemble de nos établissementsconcernés qui vont se retrouveravec parfois 50 % de personnels TOS en moins.Face à cela, nous devons prendre nos responsabilités et notre groupe demande le recrutement de ces agents dans le cadre d’une intégration. Nous devons maintenirla totalité des agents en posteet garantir leur intégration rapide au sein de la fonction publique territoriale.Vous savez très bien que si vous le décidez, les élus de gauche, les pour exiger de l’Etat des moyens supplémentaires.Nous ne pouvons et nous ne devons plus Monsieur le Président accepter ce mépris du gouvernement vis-à-vis de nos populations d’autant que chaque jour nous assistons à des scandales financiers où les marges et bénéfices des grandes entreprises s’envolent, 100 milliards en 2006 par les 40 plus grosses entreprises françaises, redistribués entre des actionnaires et des grands dirigeants comme ceux d’EADS accusés de «délit d’initié» qui ont empoché 200 millions d’euros extorqués aux contribuables.»