SARKOZY VEUT PASSER EN FORCE

Publié le par Liberté 62


 
Sarkozy veut passer en force
 
Les réunions de concertation sociale à la mode Sarkozy se suivent et se ressemblent. La conférence sur l’agenda social 2008 récemment convoquée par le chef de l’État n’a pas dérogé à la règle.
Pour l’Élysée, toute concertation est conçue comme un simple accompagnement de l’application du programme présidentiel. Pour Sarkozy, l’unique vertu du " dialogue " est de faire avancer les syndicats à son rythme. " Ce n’est pas simple, a-t-il reconnu, car le tempo du changement (le sien, bien entendu) n’est pas toujours compatible avec celui du dialogue social ". Qu’en termes galants ces choses-là sont dites...
Le dialogue social ne serait qu’un frein, et en discutant un peu mieux, il s’agirait de s’entendre pour le desserrer et permettre à la France d’avancer. Son discours a ainsi proposé de mettre en harmonie sur tous les sujets son calendrier et celui des " partenaires sociaux ". Pour le patronat, pas de problèmes, les deux programmes se confondent. Pour les syndicats, c’est une autre paire de manches.
Pour lever les obstacles, Sarkozy propose deux méthodes au choix : la négociation sociale, si elle permet d’aboutir à ce qu’il a déjà décidé par avance ; sinon, la décision directe du gouvernement. Autrement dit, deux voies possibles, mais qui doivent mener au même résultat. Avec Sarkozy, tous les chemins du " dialogue social " doivent mener au palais. Exemple de cette caricature de dialogue proposée par le président, la réforme du " service public de l’emploi ". Sur ce thème, alors que la grève des agents de l’ANPE et de l’UNEDIC contre les conditions de cette fusion a révélé une opposition syndicale et des personnels massive, le président estime que rien ne doit être modifié du calendrier de la fusion, qui devrait selon lui venir très rapidement au Parlement.
Autre exemple tout aussi scandaleux, la question du temps de travail. Là, sous prétexte de faire pleinement " confiance aux salariés et aux partenaires sociaux pour qu’ils aient plus de choix en la matière ", le président propose tout simplement de rendre caducs et la loi et les accords de branche pour que toutes les négociations aient lieu au seul niveau de l’entreprise. Sans protection législative ou collective, on sait ce que cela donne : le chantage à l’emploi de Continental, à Sarreguemines, où les salariés ont été invités à voter avec un pistolet sur la tempe " ou les 40 heures, ou la délocalisation ".
En vérité, tout dans la méthode Sarkozy est à l’avenant. Les thèmes comme les rythmes ne sont qu’une déclinaison du programme déjà proposé dans son discours social du 18 septembre dernier. Rien n’a bougé. Le président tente de relancer un processus qui s’est sérieusement grippé au cours de l’automne, provoquant des mécontentements grandissants.    
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Publié dans Edito

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